Une année sainte

Le 13 mars 2015, le pape François a annoncé un Jubilé de la Miséricorde. Ce jubilé commencera le 8 décembre 2015, en la solennité de l’Immaculée Conception, par l’ouverture de la Porte sainte de la basilique Saint-Pierre, et s’achèvera le 20 novembre 2016, en la fête du Christ, Roi de l’univers.

Un peu d’histoire

L’année 1300 est celle du premier jubilé de l’histoire de l’Église, qui reprenait une tradition ancienne. Ce jubilé fut proclamé par le pape Boniface VIII. Il offrait « la rémission très complète » de leurs péchés aux personnes qui venaient en pèlerinage à Rome, et ils furent nombreux. L’Église décida ensuite de fixer un jubilé ordinaire tous les 25 ans, pour fêter la naissance du Christ et permettre à chaque génération de vivre au moins une Année sainte. Le plus récent de ces jubilés est celui de l’an 2000.

Qu’est ce qu’une Année sainte ?

L’Année sainte est une année de rémission, d’indulgence, et aussi de réconciliation, de conversion et de pénitence sacramentelle. Elle est aussi une année de solidarité, d’espérance, de justice et d’engagement au service de Dieu et des frères et sœurs humains.

Une Année sainte extraordinaire

La tradition de convoquer des jubilés extraordinaires remonte au XVIe siècle. Au XXe siècle, 1933, 1963 et 1983 ont été ainsi soulignées, pour célébrer la Rédemption par le Christ (mort à 33 ans). En 1987-1988, ce fut une année mariale. Enfin, l’Année sainte extraordinaire 2016 sera placée sous le signe de la Miséricorde.

Jubilé ou Année sainte ?

Le nom de jubilé vient du mot hébreu « yôbel », dont dérive le latin « jubilare », « se réjouir ». Un jubilé marque l’anniversaire d’un événement joyeux, religieux ou profane. Dans la tradition catholique, le jubilé est aussi appelé Année sainte. À noter, pour la petite histoire, que le mot « yôbel » désigne aussi une sorte de trompette antique (une corne de bélier, en fait) qui servait, chez les Hébreux, précisément à annoncer l’année jubilaire.

De la Miséricorde : pourquoi ?

Le mot Miséricorde signifie « l’Amour qui se donne à la misère » : du latin misericordia, de misereri, « avoir pitié », et cor, cordis, « cœur » ; au sens biblique et théologique, c’est « avoir son cœur (cor) auprès des pauvres (miseri) ; avoir un cœur qui bat pour les pauvres ».

Dans le langage contemporain, le mot « miséricorde » n’est plus guère utilisé que dans un contexte religieux. En termes actuels, nous dirions que la miséricorde exprime la compassion divine, c’est-à-dire un Dieu qui se penche avec une bienveillance toute paternelle sur chaque homme et chaque femme, un Dieu qui - en Jésus – a pris sur Lui toute souffrance humaine, un Dieu qui – dans le Père – nous invite à l’action de grâce pour toute libération reçue de Lui.

Dans la suite logique de la fête de la Miséricorde Divine (deuxième dimanche de Pâques) instituée par saint Jean-Paul II, le pape François donne une place importante à la miséricorde, qui apparaît d’ailleurs dans sa devise. L’Année sainte extraordinaire de la Miséricorde a été officiellement annoncée par la lecture et la publication d’une bulle : « Misericordiæ Vultus » (MV) - Le visage de la miséricorde – 11 avril 2015 : « Jésus-Christ est le visage de la miséricorde du Père. Le mystère de la foi chrétienne est là tout entier. » (MV, n° 1)

Et le pape François indique à ce propos : « Il y a des moments où nous sommes appelés de façon encore plus pressante, à fixer notre regard sur la miséricorde, afin de devenir nous aussi signe efficace de l’agir du Père. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu ce Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, comme un temps favorable pour l’Eglise, afin que le témoignage rendu par les croyants soit plus fort et plus efficace. » (MV, n° 3)

Il est à remarquer que les évangiles lus durant les dimanches du temps ordinaire, durant l’année C, sont tirés de l’Évangile de Luc, qu’on appelle aussi « l’évangéliste de la miséricorde ».