Histoire du Musée diocésain de Namur

L’origine du Musée

Vierge de calvaire de Waillet, Chêne polychrome, Liège, vers 1260-1280
Vierge de calvaire de Waillet
Chêne polychrome, Liège, vers 1260-1280

Lorsque le diocèse de Namur fut créé en 1559, il falllut le doter d’une cathédrale, et le choix se porta sur la collégiale Saint-Aubain. A la suppression du chapitre de Saint-Pierre-au-Château, en 1562, son trésor rejoignit celui de Saint-Aubain. Depuis lors, d’autres œuvres créées pour les besoins liturgiques, offertes par des chanoines ou même des évêques, ou encore provenant d’abbayes, comme celles de Brogne ou de Floreffe, se retrouvèrent elles aussi dans un coffre de la cathédrale où elles restèrent à l’abri jusqu’en 1904.

Dès le début, un des objectifs du Musée diocésain fut de sauver des œuvres religieuses en péril pour les conserver et les exposer. Elles pourraient ainsi servir de modèles aux artistes et à la formation des séminaristes dans le cadre de leur cours d’archéologie.

Au 20e siècle

En 1886, Monseigneur Decrolière approuve le règlement de la Société diocésaine d’Art sacré nouvellement créé à Namur. L’article XV de ce règlement stipule que

afin de répondre plus efficacement à sa mission, le comité installera dans un des locaux du séminaire un musée diocésain d’Art chrétien qui sera une exposition permanente d’objets ayant appartenu au culte public ou privé.

Depuis quelques années déjà, le chanoine Sosson, directeur et professeur de chant et d’archéologie au grand séminaire, avait commencé à rassembler des œuvres d’art glanées alors qu’il accompagnait l’évêque dans diverses paroisses du diocèse. Cet embryon de musée y resta jusque vers 1900, lorsque les premières collections furent transférées dans les combles des sacristies de la cathédrale, où on aménagea une salle qui devint par après la classe de chant de l’école Saint-Grégoire.

Statue-reliquaire de saint Blaise, Argent doré, pierres, Paris, vers 1280-1300
Statue-reliquaire de saint Blaise
Argent doré, pierres, Paris, vers 1280-1300

La Fabrique de l’église cathédrale, contactée dès 1903, donne l’autorisation à la Société diocésaine d’Art chrétien de bâtir, dans le jardin du sacristain, une salle d’exposition et y dépose, pour qu’il soit conservé dans de meilleures conditions et exposé en permanence, l’ensemble du trésor de la cathédrale. Cette salle fut construite en 1904 par l’entrepreneur Guillaume Delvaux, de Namur, sur les plans de l’architecte provincial monsieur Boveroulle. Du 13 au 17 juillet 1904 y fut organisée une première manifestation artistique, l’Exposition mariale, mise sur pied à l’occasion d’un congrès marial.

En 1930, à l’occasion du centenaire de l’indépendance de la Belgique, fut organisée à Namur une importante exposition des trésors d’art, dans une nouvelle salle reliant la maison du sacristain à la construction de 1904 et conçue par l’architecte J. LALIERE.

Les vitrines conçues à cette époque et toujours utilisées aujourd’hui avaient suscité l’admiration des visiteurs. Mais depuis, les bâtiments ont vieilli, les conditions de conservation et de présentation des œuvres, sans éclairage et sans chauffage, sont à revoir d’urgence. Seule la sécurité est assurée.